Les Chenilles Processionnaires

La processionnaire du pin est la larve d’un papillon. Ces chenilles qui se déplacent en chaine sont considérées comme des ravageurs tant pour leur impact vis-à-vis des arbres qu’elles investissent pour faire leur cocon, que pour les nuisances (éventuellement dangereuses) qu’elles occasionnent pour l’Homme. En effet, ces chenilles provoquent différents dégâts tout au long de leur croissance.

Dans un premier temps, lors des stades 1 et 2 de leur croissance (généralement de septembre à décembre), elles dévorent les aiguilles de pin à proximité de la zone de ponte, provoquant des dégâts caractéristiques (bouquets d’aiguilles de couleur jaune puis rousse).
Ensuite, au stade suivant (de janvier à mars) elles peuvent consommer l’ensemble des aiguilles et non plus un simple bouquet, voire l’ensemble des aiguilles d’une branche ou encore, dans le cadre d’un nombre important de nids, l’ensemble de l’arbre.

Les chenilles processionnaires peuvent également être sources de nuisances sanitaires, dans la mesure où, dès le troisième stade larvaire, elles se munissent d’un système de défense garni de microscopiques poils urticants pouvant être disséminés par le vent.

Ceux-ci peuvent donc provoquer des irritations,  voire des allergies chez les personnes sensibles y compris chez les animaux.

Les techniques de lutte 

        La lutte mécanique par échenillage

Il s’agit de prélever manuellement les nids de chenilles processionnaires du pin, à l’aide d’un échenilloir. Cette technique reste exploitable uniquement sur les nids accessibles (4 à 5m de hauteur). Il est important de privilégier l’échenillage précoce, avant les stades larvaires urticants.

Ainsi, si vous comptez retirer les nids vous-même, munissez-vous de protections et de vêtements adéquats (combinaison, gants, masque, lunettes…). Il ne faut en aucun cas toucher ces nids et les chenilles sans protection. Une incinération de tout ce que vous aurez retiré de l’arbre est conseillée pour détruire ce nuisible et empêcher sa propagation. L’autre méthode conseillée est le trempage prolongé dans un bac rempli d’eau additionnée de mouillant (liquide vaisselle) puis enfouissement.

 

La lutte biologique par prédation

Le principe de la lutte biologique par prédation consiste à encourager la régulation naturelle d’une espèce par son, ou ses prédateur(s).

Dans le cas de la processionnaire du pin, il s’agit de favoriser la nidification des mésanges en implantant des nichoirs spécifiques, afin d’en accroître la population et la pression de prédation exercée sur les chenilles. La mésange est en effet insensible aux poils urticants de la chenille.

En hiver, une mésange peut se nourrir de 40 chenilles par jour (source INRA). Il est important, dans l’objectif recherché de limitation des processionnaires, de ne pas alimenter les mésanges par ailleurs. La pose des nichoirs doit se faire avant leur période de nidification (début du printemps) et respecter certains critères pour les inciter à s’y installer : hauteur, orientation, protection vis-à-vis des prédateurs.

Il s’agit tout simplement de mettre à profit la biodiversité en utilisant d’autres espèces végétales ou animales pour minimiser l’impact de la processionnaire. Ainsi, grâce à diverses études menées, d’autres prédateurs de la chenille processionnaire ont été repérés et peuvent s’avérer être efficaces. Il s’agit par exemple du coucou mais aussi de la huppe fasciée, ou encore du Scarabé Calosoma Sycophanta.

Une expérience innovante a permis de mesurer l’efficacité des chauves-souris comme prédateurs. Il importe donc de conserver la biodiversité des habitats forestiers pour préserver celle des chiroptères.

Enfin, les chercheurs ont remarqué que certaines essences, en particulier le bouleau, ont la faculté de cacher la vue des pins pour les processionnaires, voire de les éloigner grâce à des odeurs répulsives. Cette méthode innovante est actuellement en cours de tests à l’INRA.  

 

Le piégeage des chenilles par écopièges

Ce type de piège exploite une séquence comportementale de la chenille processionnaire du pin : la procession de nymphose. A la fin de leur évolution larvaire, les chenilles descendent en file indienne le long du tronc de l’arbre pour s’enfouir dans le sol.

Dans tous les cas, les pièges doivent être installés avant les premières processions, soit mi-octobre au plus tard dans nos climats océaniques.

L’écopiège ne permet pas de limiter les dégâts aux arbres à court terme, mais il protège les êtres humains  et animaux dans la mesure où il leur évite d’entrer en contact avec les chenilles au moment où elles sont à la fois le plus accessibles (sur le tronc ou au sol) et le plus urticantes (dernier stade larvaire).

Le soin apporté à la pose de l’écopiège conditionne son efficacité. Il faut, par exemple, être très minutieux lors du jointoyage entre la collerette et le tronc de manière à ne laisser aucun passage aux chenilles, en dehors du conduit tubulaire.

 

Le piégeage des papillons

Le piégeage des papillons à l’aide de phéromones de synthèse vise à attirer et capturer en masse les adultes mâles dans le but de limiter les accouplements et le nombre de pontes potentielles. Pour mémoire, une ponte compte environ 200 œufs, soit une future colonie de chenilles.

Les papillons de nuit ne vivent que le temps de la reproduction. Soit 1 jour pour le mâle, le temps de l’accouplement, et 2 à 4 jours pour la femelle, temps nécessaire à la ponte.

Les pièges doivent être mis en place pendant toute la période de vol des papillons, soit 3 à 4 mois, entre début juin et début octobre.

La densité de pièges doit dans tous les cas être suffisante pour réduire significativement la population de papillons mâles si on veut pouvoir en constater les effets sur la reproduction. La pose du piège doit également répondre à certaines règles afin d’optimiser le nombre de captures, et le choix de l’emplacement du piège a son importance. A noter que concernant le choix du matériel de capture, toutes les spécialités commercialisées n’ont pas le même potentiel de capture.

Le piégeage des papillons ne garantit pas l’absence d’attaque des pins avoisinants.

 

Le traitement biologique

La lutte microbiologique menée depuis le sol peut voir son efficacité limitée par des contraintes liées à la matière active ou à ses moyens d’épandages.

Ce dernier agit sur le système digestif des chenilles lorsqu’elles ingèrent la matière active en même temps que les aiguilles de pin. La durée de persistance du lorsqu'il est appliqué dans de bonnes conditions, est de l’ordre de 8 à 10 jours. Son efficacité dans la limitation des populations de processionnaires est donc conditionnée à son ingestion par les chenilles dans ce laps de temps.

 

Cependant, cette faible rémanence de la matière active, conjuguée au déphasage des cycles de la chenille processionnaire du pin complique considérablement l’organisation des campagnes de lutte microbiologique :

-          Un traitement réalisé trop précocement n’aura aucune efficacité sur les éclosions tardives,

-          Un traitement réalisé trop tardivement limitera moins les préjudices aux végétaux

           et les risques en termes de santé publique ou animale.

Les facteurs météorologiques conditionnent également l’efficacité des traitements au BTk. Des conditions météorologiques défavorables ont des conséquences à la fois sur les chenilles (qui ne sortent que très peu et de ce fait, n’ingèrent pas la matière active), et sur la rémanence du produit (des pluies importantes accélèrent le lessivage).

D’autres contraintes techniques sont à prendre en considération lors de l’épandage d’insecticides par voie terrestre. La hauteur des arbres, les conditions d’accès au site, les limites techniques des matériels de pulvérisation existants, ainsi que les facteurs météorologiques qui imposent également leurs contraintes (le vent réduisant l’ascension du produit, générant de trop fortes dérives par exemple, la pluie qui lessive la matière active, ou le brouillard et le givre qui perturbent la fixation du produit.

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